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Fiscalité expatrié France-Vietnam : convention, résidence fiscale et obligations

Par Cap Vietnam 📅 20 février 2026 ⏱ 10 min de lecture
⚠️ Avertissement : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique professionnel. Les règles fiscales évoluent régulièrement et varient selon chaque situation personnelle. Consultez un expert-comptable ou un conseiller fiscal agréé avant toute décision.

La fiscalité est le sujet que tous les expatriés évitent jusqu'au moment où ils reçoivent un redressement. Comprendre les règles qui s'appliquent à ta situation — France ou Vietnam, résidence fiscale, comptes à déclarer — peut te faire économiser beaucoup d'argent et de stress. Voici les fondamentaux, basés sur les textes officiels en vigueur.

Fiscalité et comptabilité

La convention fiscale France-Vietnam de 1993

La France et le Vietnam ont signé une convention fiscale contre la double imposition le 10 février 1993 (entrée en vigueur en 1994). Elle définit les règles pour éviter qu'un même revenu soit imposé deux fois — une fois en France, une fois au Vietnam.

Points clés de la convention :

📋 Texte officiel : La convention est publiée au Journal Officiel de la République française. Elle est librement consultable sur le site de la Direction générale des finances publiques (impots.gouv.fr) dans la section "Conventions fiscales internationales".

Résidence fiscale : France ou Vietnam ?

C'est la question centrale. Tu ne peux être résident fiscal que d'un seul pays à la fois (en principe). La résidence fiscale détermine quel pays a le droit d'imposer l'ensemble de tes revenus mondiaux.

Selon le droit français (article 4B du CGI), tu es résident fiscal français si l'une de ces conditions est remplie :

Si les deux pays se réclament de ta résidence, la convention fiscal tranche selon des critères en cascade : foyer permanent → centre d'intérêts vitaux → séjour habituel → nationalité → accord amiable.

⚠️ Erreur courante : Partir au Vietnam ne signifie pas automatiquement perdre sa résidence fiscale française. Si ta famille (conjoint, enfants) reste en France, si tu conserves un logement en France, ou si ton patrimoine principal est en France, tu restes probablement résident fiscal français — et tu dois déclarer tes revenus mondiaux en France.

Obligations déclaratives en France

Si tu es résident fiscal français vivant au Vietnam, tu dois :

💡 Service des impôts des particuliers non-résidents : Si tu es officiellement non-résident fiscal français, tu dépends du Service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR) basé à Noisy-le-Grand. C'est à eux que tu adresses ta déclaration pour tes revenus de source française (loyers, dividendes français, etc.).

L'impôt sur le revenu au Vietnam

Si tu deviens résident fiscal vietnamien (plus de 183 jours sur 12 mois consécutifs, ou plus de 183 jours sur l'année civile), tu es en principe soumis à l'impôt sur le revenu vietnamien sur tes revenus mondiaux. Les taux sont progressifs :

En pratique, la plupart des nomades digitaux et expatriés travaillant pour des entités étrangères ne sont pas imposés au Vietnam sur leurs revenus étrangers — la réglementation est floue et peu appliquée. Mais la situation peut changer.

Déclaration des comptes bancaires étrangers

Obligation souvent ignorée : tout résident fiscal français doit déclarer chaque année ses comptes bancaires détenus à l'étranger, via le formulaire 3916, même si le compte est vide ou peu actif. L'amende pour non-déclaration est de 1 500 € par compte non déclaré (article 1649 A du CGI), portée à 10 000 € pour les comptes dans des pays non coopératifs.

Le Vietnam est considéré comme un pays coopératif — l'amende est donc de 1 500 € par compte. La déclaration se fait en ligne sur impots.gouv.fr en même temps que la déclaration de revenus annuelle.

Comment couper sa résidence fiscale française

C'est la démarche la plus importante — et la plus souvent mal réalisée. Couper sa résidence fiscale française nécessite de rompre les liens significatifs avec la France selon l'article 4B du CGI :

  1. Transférer ou résilier son logement en France : vente de la résidence principale, résiliation du bail ou mise en location du bien.
  2. Déclarer sa non-résidence fiscale : remplir et transmettre le formulaire de cessation de résidence au centre des finances publiques de son ancienne commune.
  3. Produire sa dernière déclaration de revenus en France : pour l'année de départ, tu déclares tes revenus jusqu'à la date de départ. Au-delà, seuls les revenus de source française sont imposables en France (loyers d'un bien immobilier, dividendes français, etc.).
  4. Mettre à jour l'adresse auprès de toutes les institutions : banques, employeurs, CAF, CPAM.
  5. Transférer son centre d'intérêts économiques : si possible, transférer l'essentiel de son activité économique vers le Vietnam ou un pays tiers évite toute ambiguïté.
⚠️ La présomption de résidence : Si tu maintiens un logement à ta disposition en France (même une chambre chez tes parents), la Direction générale des finances publiques peut considérer que tu as un "foyer permanent" en France et contester ta non-résidence. Documente précisément la rupture de tous tes liens.

Le cas de l'auto-entrepreneur français vivant au Vietnam

Si tu exerces en tant que micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) français depuis le Vietnam, la situation est particulière :

💡 L'alternative : l'EIRL ou SASU Pour les revenus plus élevés (>40 000 €/an), une SASU avec rémunération de gérant unique peut être plus avantageuse qu'une micro-entreprise — les charges sociales sont comparables mais tu bénéficies d'une couverture maladie complète et d'une meilleure optimisation fiscale. Consulte un expert-comptable spécialisé en expatriation.

Cotisations sociales et protection sociale depuis l'étranger

Perdre sa résidence fiscale française ne signifie pas perdre tous ses droits sociaux français. Tu peux continuer à cotiser volontairement à :

Questions fréquentes

Non. L'obligation de déclarer les comptes étrangers existe en France (pour les non-résidents qui perçoivent des revenus français) — pas au Vietnam. Le Vietnam n'a pas d'obligation déclarative similaire pour les comptes étrangers des résidents.
Non, la TVA n'est pas remboursable dans ce cas. Le remboursement de TVA s'applique aux achats lors de passages en France par des non-résidents qui repartent dans les 6 mois, pas aux expatriés domiciliés à l'étranger.
Oui. Le détachement à l'international (article L1261-1 du Code du travail) permet à un employeur français d'envoyer un salarié au Vietnam temporairement, sous certaines conditions. Le salarié détaché reste soumis au droit du travail français et à la sécurité sociale française (dans la limite des accords bilatéraux existants).
Anthony Bouillon

Cap Vietnam

Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil fiscal. Pour ta situation spécifique, consulte un expert-comptable ou un avocat fiscaliste spécialisé en expatriation.

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